I — Lire les continents comme des archives de chaînes successives
Objectif. Distinguer l’âge d’une roche, celui de ses transformations et celui d’une chaîne, puis reconnaître plusieurs histoires dans un même domaine continental.
Un continent n’est pas un bloc formé une seule fois. Ses roches enregistrent des événements d’âges variés. Certaines sont les vestiges de chaînes presque entièrement érodées ; d’autres appartiennent à des édifices encore élevés. Le relief actuel ne suffit donc pas à lire l’ancienneté d’un terrain.
1. Séparer les objets que l’on date
Trois questions différentes doivent être posées. Quand la roche initiale s’est-elle formée ? Quand a-t-elle subi une transformation ou une déformation ? Quand la chaîne qui l’expose aujourd’hui s’est-elle édifiée ? Un même échantillon peut apporter des réponses à plusieurs de ces questions, si les indices correspondants ont été préservés.
Un granite cristallise d’abord à partir d’un magma. Plus tard, une collision entre continents peut le déformer et le métamorphiser, c’est-à-dire modifier ses minéraux et sa structure à l’état solide. Il peut encore être repris dans une chaîne plus récente. Formation de la roche, transformation et construction de la chaîne sont donc des événements distincts. L’âge du granite ne donne pas automatiquement celui de ses déformations.
Dans cet exemple fictif, on associe chaque âge à ce qui l’enregistre :
620 Ma : des zircons se forment pendant la cristallisation de la roche.
320 Ma : de nouveaux minéraux témoignent d’une transformation ultérieure.
55 Ma : une déformation régionale affecte l’ensemble.